Obtenir le droit de piloter une montgolfière ne relève pas d’une simple formalité administrative. On parle ici d’une discipline encadrée, où chaque étape compte et où la rigueur s’impose. Pour espérer décrocher ce permis, il faut d’abord s’inscrire dans une école agréée. Là, les futurs pilotes s’initient aux fondamentaux : la théorie, bien sûr, mais aussi la pratique, sous la houlette de professionnels.
Une fois la formation achevée, l’aspirant pilote doit se confronter à une double épreuve : d’abord un examen théorique, puis une évaluation pratique menée par un instructeur habilité. Impossible non plus d’échapper au passage chez le médecin, qui délivre le certificat attestant que la condition physique est compatible avec le vol. Si toutes ces étapes sont franchies avec succès, l’autorité compétente remet enfin le précieux sésame.
Plan de l'article
Les préalables réglementaires pour piloter une montgolfière
Se lancer dans le pilotage d’une montgolfière, c’est accepter de s’astreindre à des règles européennes strictes. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a établi le règlement (UE) n° 2018/395, applicable depuis avril 2019, qui cadre précisément l’ensemble des opérations aériennes de ballons à travers deux sections : la sous-partie BAS, destinée à tous les exploitants, et la sous-partie ADD, qui rajoute des exigences complémentaires pour certains opérateurs.
Ce que la réglementation impose
Voici les étapes qui jalonnent l’accès au permis :
- Inscription dans une école de formation agréée pour bénéficier d’un enseignement à la fois théorique et pratique.
- Réussir l’examen théorique puis valider l’épreuve pratique sous le regard d’un instructeur habilité.
- Fournir un certificat médical officiel attestant de l’aptitude au pilotage.
D’autres textes viennent consolider ces fondements réglementaires, tels que le règlement (UE) n° 1178/2011 ou le règlement (UE) n° 2018/1139, qui abordent les conditions de qualification et de certification des pilotes. Le fil conducteur de ces textes : garantir que chaque pilote assure pleinement la maîtrise de l’appareil et veille à la sécurité du vol.
Les autorités de tutelle
En France, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et la Direction de la sécurité de l’aviation civile (DSAC) surveillent rigoureusement le processus. Elles examinent les dossiers, délivrent les licences, s’assurent du respect des normes. Pour un exploitant qui souhaite exercer à titre commercial, une déclaration d’activité à la DSAC et la mise en place d’un système de gestion de la sécurité figurent parmi les démarches imposées.
Le parcours pour devenir pilote de montgolfière
Impossible d’improviser une formation de pilote de montgolfière. Les écoles spécialisées, comme Montgolfière Sensation à Saumur, structurent des formations qui collent aux exigences légales. L’itinéraire est balisé :
La théorie, socle de la formation
Cela commence par l’acquisition de bases solides, à travers des connaissances en :
- Météorologie
- Navigation
- Règles de l’air
- Technique de vol
La réussite à l’examen théorique permet d’accéder à la suite du cursus.
La pratique, cœur du métier
Vient ensuite le temps des vols d’instruction : l’apprenti s’essaie à la conduite sous la supervision d’un formateur. Il apprend à gérer la montgolfière, anticiper les imprévus, réagir adéquatement lors des éventuels incidents et coordonner la sécurité lors des phases d’atterrissage. Graduellement, il accède aux premiers vols solos, mais l’instructeur veille au grain.
L’examen pratique, test décisif
Pour décrocher la licence, il faut convaincre lors de l’examen pratique. L’examinateur vérifie la compétence sur l’ensemble du vol, du décollage à l’atterrissage, sans oublier les situations exceptionnelles.
L’étape médicale
Impossible de contourner le certificat médical requis, délivré par un praticien agréé. Il certifie que le futur pilote dispose des capacités physiques et psychiques que demande le vol en ballon.
On exige également un nombre minimum d’heures de vol avant de pouvoir se présenter à l’ultime examen. En validant toutes les étapes, la licence ouvre la porte à une aventure où la discipline et la rigueur accompagnent chaque envolée.
Les démarches administratives pour obtenir le permis
Les démarches reposent sur l’accompagnement et le contrôle de la DGAC et de la DSAC. Ces instances appliquent les règlements issus de l’EASA, et notamment le règlement (UE) n° 2018/395 qui fait désormais référence pour toute opération professionnelle ou privée de ballon.
Ce que prévoit la réglementation
Les exploitants commerciaux doivent signaler leur activité à la DSAC et instaurer un véritable système pour gérer les questions de sécurité, qui s’ajoute aux exigences générales imposées par la sous-partie BAS.
La procédure étape par étape
La constitution du dossier suit un schéma qui ne laisse rien au hasard :
- Enregistrement et déclaration : il faut d’abord s’inscrire auprès de la DSAC.
- Préparation du dossier : il comprend tous les justificatifs de formation, aussi bien théoriques que pratiques.
- Validation médicale : il s’agit d’obtenir un certificat auprès d’un médecin habilité.
- Contrôle final par la DSAC : une fois le dossier examiné, le permis de vol peut être délivré.
Les documents à fournir
Le dossier administratif requiert les éléments suivants :
- Attestation complète de formation (cours théoriques et mise en pratique)
- Certificat médical valide
- Déclaration d’activité pour les professionnels
Harmonisation européenne
Les règlementations telles que le règlement (UE) n° 1178/2011 et le règlement (UE) n° 2018/1139 ont été intégrées au droit français afin d’unifier les exigences en matière de sécurité et de gestion. Tous les exploitants se voient imposer ces règles, sans exception.
Ce que devient la réglementation une fois le permis en poche
Détenir un permis de vol ne signifie pas la fin des impératifs réglementaires. Une fois la licence obtenue, de nouveaux engagements entrent en jeu pour garantir la sécurité sur chaque vol.
Maintenance et contrôles réguliers
La montgolfière est soumise à des inspections régulières. À chaque propriétaire ou exploitant incombe la tenue d’un journal de bord détaillé retraçant la maintenance, les vérifications techniques et les contrôles périodiques. Chaque année, un technicien agréé doit contrôler l’intégrité de l’aéronef pour que le droit de voler soit maintenu.
Assurance et responsabilités
Le pilote doit souscrire une assurance responsabilité civile. Ce contrat protège les tiers en cas de dommage ou d’incident lors d’un vol. Le renouvellement est annuel et toute anomalie doit être signalée sans délai aux structures concernées et à l’assurance.
Maintien des compétences
L’apprentissage n’a pas de point final : chaque pilote doit suivre régulièrement des sessions de formation continue. Ces stages portent sur l’évolution des normes réglementaires et l’exercice des nouveaux protocoles. Ateliers et sessions sont proposés par la DGAC et la DSAC, pour que chaque professionnel reste opérationnel.
L’histoire de la montgolfière compte des figures inspirantes : Jean-Pierre Blanchard, Bertrand Piccard. Leur parcours prouve que la sécurité ne se construit pas en une fois, mais à force de rigueur, d’apprentissage, d’humilité. Là-haut, le survol offre une promesse d’évasion, mais la discipline impose de ne jamais baisser la garde.
